07/09/2005

 Présentation du cas n°11

Cas du mois n°11  :septembre  2005
 Cas présenté par Dr Hervé AUQUIER, médecin du sport à Medical-33 à 1200 
 Bruxelles.

 
Présentation du cas.

  Une marathonienne de 33 ans présente une douleur mécanique de la 
  fesse gauche. Il n'y a pas de recrudescence nocturne. La douleur est   
  ap
parue progressivement trois mois plus tôt. La pratique du jogging
  devient douloureuse, mais il n'y a jamais eu de boîterie.
  
  L'examen clinique montre une douleur localisée dans la sacro-iliaque
  gauche lors de sa mobilisation, sans blocage. L'examen des coxo-
  fémorales est sans particularité, l'examen lombaire également.
  Il existe une raideur relative des muscles fessiers.
  L'examen du rachis lombaire est strictement normal. Il n'y a pas d'
  inégalité de taille des membres inférieurs.

 Examens complémentaires.

   La radiologie standard ne montre rien de particulier. La scintigraphie
   montre une hyperactivité de l'aileron sacré pouvant, vu le contexte,
   correspondre à une fracture de fatigue.Le scanner confirme le 
   trait de fracture

 
  
  tiré du journal de traumatologie du sport
  (Drs Jan, Mégret, Rochcongar)


 
  CT scanner: fissure de fatigue de l'aileron sacré gauche
   Tiré de www.menarini.fr (Dr H.de Labareyre et Dr E.Bouvat).

 

 
Traitement.

 
Un arrêt complet de la course est préconisé pour une durée de
  4 mois. La patiente bénéficiera d'un bilan endocrinologique et
  gynécologique qui s'avéreront normaux. La reprise des entraînements
  a lieu à 4 mois du diagnostic.

 Discussion.

 
La fracture de fatigue du sacrum concerne plus 
  
fréquemment les coureurs de fond. Il s'agit d'une entité rare. Hervé de
  Labareyre en rapporte 10 cas, chez des coureurs dont le volume
  d'entraînement moyen est de 150 km/semaine.
  Lors de l'appui monopodal, les sacro-iliaques et donc les ailerons 
  sacrés sont soumis à des contraintes en compression et en cisail-
  lement. Les tractions du pyramidal sur la face antérieure du sacrum
  et du grand fessier sur sa face postérieure sont probablement respon-
  sables de l'apparition de la fracture.
  Une différence de taille des membres inférieurs pourrait être un 
  facteur favorisant la fracture. L'ostéoporose induite par l'aménorrhée
  secondaire de certaines coureuses de fond est également un facteur 
  prédisposant.
  Le douleur survient progressivement et est ressentie de plus en plus
  tôt dans la course. Elle siège au niveau de la région fessière haute et
  peut irradier vers la face postérieure de la cuisse.Le signe du trepieds 
  est douloureux. La mobilisation de la sacro-iliaque réveille la douleur.
  La palpation de la sacro-iliaque est sensible, surtout sur son versant 
  sacré. L'appui monopodal et le sautillement sur place sont doulou-
  reux. Il existe fréquement une contracture du pyramidal et du grand
  fessier.
  Le diagnostic est rapidement posé par la scintigraphie. Le scanner et 
  la RMN ne seront positifs que plus tard.
  L'évolution est spontanément favorable en 3 à 5 mois (3,5 mois de 
  moyenne dans l'étude de Hervé de Labareyre).

  Le diagnostic différentiel doit être posé d'une part avec les 
  pathologies sacro-iliaques, qu'elles soient inflammatoires ou 
  mécaniques, et d'autre part avec les pathologies adjacentes. Parmi les
  pathologies mécaniques de la sacro-iliaque ou du sacrum, retenons 
  d'abord les autres fractures de fatigue du bassin. Elles concernent
  l'aile iliaque ou la banche ischio-pubienne. Elles surviennent dans le
  même contexte que les fractures de fatigue du sacrum. La fracture de
  fatigue de la branche ischio-pubienne, plus fréquente, donne des 
  douleurs fessières plus basses. La palpation de l'ischion et le testing
  des ischio-jambiers réveillent la douleur, le diagnostic d'entésite des 
  ischio-jambiers pouvant être erronément posé. La mise au point et le 
  traitement sont superposables aux fractures de fatigue du sacrum.

   L'ostéose iliaque condensante
touche essentiellement les femmes
  ayant déjà accouché par voie basse. Il s'agit d'une condensation 
  osseuse de la berge iliaque de l'articulation sacro-iliaque.
  Elle est le plus souvent unilatérale. L'interligne sacro-iliaque n'est 
  jamais atteint. Elle est souvent accompagnée de raideurs des fes-
  siers.(Images à venir).

  
  Les lésions ostéopathiques ne doivent pas être oubliées, elles feront
  l'objet d'un prochain article.

  Parmi les affections inflammatoire de la sacro-iliaque citons d'abord
  la spondylarthrite ankylosante.Il s'agit d'une maladie inflammatoire 
  touchant l'adulte jeune. La douleur a un caractère inflammatoire. Elle
  est notamment caractérisée par sa recrudescence nocturne. L'atteinte 
  sacro-iliaque est quasi toujours bilatérale et souvent inugurale.  
  L'image radiologique montrera successivement un pseudo-
  élargissement de l'articulation, suivi d'une érosion des berges avec
  aspect en timbre poste. dans un stade ultime l'articulation est tota-
  lement soudée. D'autre atteintes ostéo-articulaires sont fréquentes, 
  comme des syndesmophytoses au niveau lombaire, qui surviennent
  plus tardivement au cours de la maladie. Des entésopathies sont
  également souvent rencontrées, notamment au niveau de l'aponévrose
  plantaire.(Images à venir).

  D'autres maladies inflammatoires peuvent s'accompagner d'un inflam-
  mation des sacro-iliaques. Citons les arthrites réactionnelles qui 
  surviennent au décours d'une infection. Elles associent urétrite, 
  conjonctivite et sacro-iliite. Certaines entérocolites (yersinia, 
  solmonella,...) peuvent se compliquer d'une atteinte inflammatoire
  des sacro-iliaques.
 
  Les infections (tuberculose) et les tumeurs (primaires et métastases)
  donneront une douleur de type inflammatoire. L'état général du
  patient est altéré.

  Enfin des pathologies adjascentes à la sacro-iliaque peuvent donner 
  des douleurs de la région fessière.
  Les lombo-sciatalgies sont les plus fréquentes. La douleur siège plus 
  haut, en région lombaire. Elle peut avoir une irradiation de type 
  sciatique complète, mais peut dans  certains cas n'irradier qu'en
  région fessière. La mobilisation de rachis lombaire, la recherche 
  du signe de Valsalva, du Lasègue et de la sonnette orienteront le   
  diagnostic. En cas de compression radiculaire, des troubles 
  sensitifs et/ou moteurs peuvent être observés au niveau des membres
  inférieurs.
  Les tendinopathies des ischiojambiers donnent des douleurs méca-
  niques de la région fessière basse, irradiant volontiers à la face posté-
  rieure de la cuisse. L'étirement passif, la contraction résistée et la 
  palpation de l'interligne orienteront l'examinateur. 


 EN SAVOIR PLUS
 
  SUR LA TOILE:

  Fracture de fatigue du sacrum.
  •http://www.menarini.fr/newSite/index.php?op=aff_article&a...

  Spondylarthrite ankylosante.
  •http://www.medicalforum.ch/pdf/pdf_f/2002/2002-10/2002-10...
  •http://www.arthrite.ca/types%20of%20arthritis/as/default....
  •http://www.bechterew.ch
  •http://perso.wanadoo.fr/domcar/accueil.htm

  Diagnostic radiologique des pathologies de la sacro-iliaque.
  •http://www.imagemed.org/cerf/cnr/edicerf/OSTEO-ARTICULAIR...



15:51 Écrit par m33 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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