29/07/2005

présentation du cas n°10

Cas du mois n°10 :août 2005 

 Cas présenté par Mr Sylvain THIEBAUT, kinésithérapeute à 1330 Rixensart et Dr Hervé  
 AUQUIER, médecin du sport à Medical-33, 1200 Bruxelles.
 
 Présentation du cas

  Un joueur de football de niveau provincial ressent une douleur 
  aiguë de la région inguinale droite lors de la réception d'un ballon,
  la hanche étant disposée en rotation externe et légère abduction. 
  L'impotence est immédiate. Après trois jours,  la marche est    
  possible. 


 Examen clinique

   Le patient consulte quinze jours après le traumatisme.
 
 
La mobilisation passive de la coxo-fémorale est normale et indolore.
   Le testing analytique des adducteurs réveille une douleur importante.
   Le droit antérieur et le droit interne sont sans particularité.
   La palpation de la branche ischio-pubienne droite est douloureuse et
   met en évidence une structure dure et sensible de la taille d'une 
   cerise. Les orifices hernaires sont libres. La symphyse pubienne est
   sans particularité. L'articulation sacro-iliaque droite est sensible, l'os
   iliaque droit étant en postériorité.


 Imagerie

   La radiographie standard montre une solution de continuité au niveau
  
de la branche ischio-pubienne droite avec aspect flou de la berge 
   supérieure. Le scanner révèle un arrachement osseux de la branche 
   ischio-pubienne au niveau du petit adducteur.


   
 
radiographie standard et CT scanner: fracture-arrachement du 1/3 médian de la 
    branche ischio-pubienne.


 Traitement

  L'arrachement n'étant pas déplacé, un traitement conservateur est 
 
proposé au patient. Après six semaines de repos relatif ( arrêt de la
  pratique sportive, marche autorisée), un travail de kinésithérapie est
  entrepris. Il sera axé essentiellement sur un travail d'étirements et de
  renforcements excentriques. La reprise du jogging débute en même 
  temps. Le pratique du football est effectuée deux semaines plus tard.


 Discussion                                                                          

  Une douleur aiguë de la région inguinale évoque en première intention
 
une déchirure musculaire
Les muscles de la région les plus 
  fréquemment touchés sont le droit antérieur et les adducteurs. Le 
  droit antérieur va se déchirer lors d'une flexion de hanche  contrariée.
  Le shoot ou la volée au football sont les grands pourvoyeurs de déchi-
  rure du droit antérieur. La tension dans le quadriceps au moment du
  shoot est d'autant plus grande que le tronc est positionné en arrière.
  La douleur est le plus souvent intense, située au tiers supérieur de la
  face antérieure de la cuisse. Le diagnostic est aisé: palpation, étire-
  ment et contraction résistée confirmeront le diagnostic. 
  Les adducteurs sont également souvent atteints. Un mouvement 
  d'adduction contrariée (notre exemple), un mouvement de fente 
  latérale peuvent être la cause de la déchirure. La douleur est située
  au niveau de la face interne de la cuisse au niveau de son tiers
  proximal. Les abdominaux sont plus rarement  atteints. La déchirure
  aiguë est plus rare que la tendinopathie chronique. Le sport le plus
  fréquemment concerné est le tennis, lors du service.
  La douleur se situant, alors plus au dessus de la région inguinale.
  Les manoeuvres de Valsalva réveillent la douleur par augmentation de
  la pression intra abdominale (toux, éternuement).
  Le droit interne se déchire encore plus rarement, lors de 
  mouvement de flexion de hanche et rotation interne du pied 
  contrariés. Son tendon est plus souvent responsable de pubalgies 
  chroniques.

  Dans tous les cas c'est le muscle ou la jonction myo-tendineuse qui
  sont le siège de la déchirure.Un arrachement de l'enthèse tendineuse 
  est beaucoup plus rare chez l'adulte.

  Chez l'adolescent on assistera plus fré
quement à un arrachement 
  apophysaire
. L'apophyse étant plus fragile 
que le tendon ou le 
  muscle en raison de la présence de cartilage de 
croissance. Les
  apophyses du bassin étant présentes jusqu'à 16 à 20 ans, leur
  arrachement peut concerner des adultes jeunes. Les plus fréquents
  sont les arrachements de l'épine iliaque antéro-supérieure, antéro-
  inférieure et de la tubérosité ischiatique. les arrachements des
  apophyses pubiennes (adducteurs) sont exceptionnels. Le clinique
  est toujours la même, douleur violente lors d'un mouvement contrarié
  du muscle, douleur intense lors de la contraction résistée, de l'étire-
  ment analytique passif et lors de la palpation de l'apophyse.

  L'arrachement osseux chez l'adulte reste une entité rare au niveau du 
  bassin. Dans le cas exposé comme la plupart du temps lors d'arrache-
  ments apophysaires, le déplacement est peu important, ce qui auto-
  rise un traitement conservateur.


 En savoir plus                                                                 

 
Sur le web:

    "Sport et hanche de l'enfant".
        Tanguy, Imbert, Faure et Ramseyer.

    "
Sport et pathologie apophysaire de l'enfant et de l'adolescent".
       
Lefort.


  Dans les livres:

    "Les arrachements apophysaires". 
         Journal de traumatologie du sport Vol.1N°2 p60-65 1984
         Courroy JB. 

    • "microtraumatismes et traumatismes du sport chez l'enfant"
       
Courroy JB, Rodineau J et Saillant G.
       
Editions Masson.

    • "Un sport, un geste, une pathologie"
       
Rodineau J, Saillant G.
          Editions Masson
                                                                                            

 




21:48 Écrit par m33 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.