05/12/2004

Présentation du cas n°3 : Décembre 2004

Cas n°3 : Décembre 2004.
 
Cas présenté par le Docteur Jean ALEXIOU, radiologue à l'hôpital Bordet (Bruxelles) et par le Docteur Hervé AUQUIER médecin du sport à Medical-33 (Bruxelles).
 
Présentation du cas:
 
Une femme de 41 ans, en parfaite santé jusqu'alors, pratiquant le jogging de façon régulière (3 à 4 heures par semaine) présente une douleur dans l'haine gauche rapidement progressive en deux jours. La douleur n'est ressentie qu'en charge, elle est rapidement accompagnée d'une boîterie. Il n'y a pas de douleur nocture ou au repos.
 
Examen clinique:
 
L'examen clinique montre une amplitude coxo-fémorale conservée dans tous les secteurs, mais légèrement douloureuse. La rotation interne est particulièment sensible bien que complète. On note une raideur des fessiers. Les sacro-iliaques sont libres et indolores. L'examen des genoux est normal.
 
Examens complémentaires:
 
La radiographie standard montre une hypodensité de la tête fémorale qui nécessite d'emblée une exploration par RMN. Celle-ci révèle en T1 une hypodensité globale de la tête du fémur et du col. Il n'y a pas de lésion de la corticale osseuse. Après injection de produit de contraste, on remarque un rehaussement très net du signal.
 
Diagnostic:
 
Le diagnostic d'ostéoporose transitoire régionale est posé (transcient osteoporosis of the hip : TOH). Cette forme d'algoneurodystrophie touche l'adulte jeune, plus fréquemment l'homme. Le début est brutal et rapidement invalidant. La douleur ne survient que lors de la mise en charge du membre inférieur. Il n'y a jamais de douleur de repos ou nocturne. Le déclenchement peut parfois être un traumatisme mineur. L'évolution est lente (5 à 8 mois) mais pratiquement toujours favorable.
 
Diagnostic différentiel:
 
Une douleur dans le pli de l'haine doit en premier lieu faire suspecter un problème coxo-fémoral. Dans ce cas-ci, étant donné le caractère brutal, on pouvait exclure une arthrose. Etant donné l'absence de signes généraux (fatigue, hyperthermie, amaigrissement,...) on pouvait rapidement exclure tout phénomène infectieux ou cancéreux.
Le diagnostic à écarter est la nécrose de la tête fémorale. Celle-ci a un début plus lent que la TOH. La douleur bien qu'étant purement mécanique devient progressivement constante et nocturne. La nécrose de la tête fémorale touche également l'adulte jeune en activité. Elle est bilatérale dans 5% des cas. Elle complique souvent une pathologie pré-existante ( alcoolisme, hyperlipémie, hypercorticisme, embolie graisseuse, radio ou chimiothérapie, maladie de Gaucher, luxation de hanche, fracture du cotyle,...). Le pronostic de la nécrose est beaucoup plus sombre et mène souvent à la mise en place d'une prothèse. Le diagnostic par simple radiographie peut confondre la TOH avec la nécrose et mener, par erreur, à une intervention chirurgicale trop rapide. C'est pourquoi une RMN est toujours souhaitable.
 
Traitement:
 
La patiente a été mise au repos, en décharge stricte. Des biphosphonates ont été prescrit afin de diminuer la résorption osseuse, ainsi que des antalgiques. La patiente se sent déjà beaucoup mieux à deux mois d'évolution. Les antalgiques ont pu être arrêtés. Une RMN de contrôle sera réalisée à 5 mois d'évolution.




22:34 Écrit par m33 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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